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Conseil d'écriture

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Connaissez-vous Thierry Bontoux ?

 

Thierry Bontoux est un auteur de romans historiques comme moi.

Son site: www.thierrybontoux.com

Je l'ai interviewé et voici ce qu'il m'a dit.

 

Marie Liehn

Depuis combien de temps écrivez-vous ? Pourquoi avez-vous commencé à écrire ?

Thierry Bontoux

J’ai commencé à écrire en 2008 alors que je travaillais dans un spin-off aéronautique. J’occupais mon temps perdu à griffonner un roman sur mon ordinateur jusqu’à ce que vers la fin de l’année je change de job et que, pour ne pas faire concurrence à mon employeur, il me fut demandé d’effectuer mes trois mois de préavis à la maison et sans travailler.  C’est durant cette période que j’ai véritablement commencé à écrire.

Je ne sais cependant pas pourquoi ni comment je m’y suis mis. Je sais seulement que c’est devenu pour moi une véritable passion, que je vivais en parallèle de mon activité professionnelle ; toujours entre deux avions, ou le soir lors de mes séjours trop nombreux, loin de chez moi, dans une chambre d’hôtel et entre deux aéroports.

Jusqu’en 2020, l’écriture n’était pour moi, qu’un hobby, pas une véritable activité. J’ai certes publié quatre romans, mais je ne le faisais pas professionnellement. Le Covid a changé beaucoup de choses.

En juillet de l’année dernière, je terminais un contrat de deux ans comme directeur de programmes dans une société ferroviaire britannique, et je me suis posé la question de ce que j’allais faire ensuite. Je n’avais plus aucune motivation pour continuer mon travail de consultant ; je rêvais de pouvoir vivre de mon écriture, qui commençait à me rapporter un peu, et dont le marketing méritait beaucoup plus d’attention de ma part. En septembre dernier, ceci, et peut-être la crise de la cinquantaine, et bien sûr le soutien de mon épouse, m’a fait franchir le Rubicon, pour ne me consacrer plus qu’à cela depuis.

Marie Liehn

Quel est votre premier roman ? Pouvez-vous nous indiquer en trois ou quatre phrases de quoi il parle ?

Thierry Bontoux

Mon premier roman est un roman écrit en anglais (j’habite au Royaume-Uni) et un véritable désastre. Depuis cet essai malencontreux, je n’écris plus qu’en français, même si mes livres sont maintenant traduits en anglais.

Je considère La Dame d’Albi comme étant mon premier roman. Je l’ai publié en 2015. Ce fut un long parcourt initiatique pour le voir sortir en autoédition, mais aussi pour apprendre un métier auquel je n’avais que très peu de temps à consacrer.

Paradoxalement, l’histoire suit un roman que j’avais entrepris en anglais. En quelques mots, l’histoire se passe en 1457 alors que le prince Louis est en exil à Genappe. Le roi Charles VII et le Dauphin sont à couteaux tirés, et un mariage pourrait faire perdre le peu d’influence qui reste au futur Louis XI en Languedoc. Il organise donc une opération dans la région pour se débarrasser de ses ennemis ainsi que de celle, qui par le jeu des alliances, pourrait lui nuire encore lors d’un autre mariage.

Je raconte l’histoire du point de vue de la promise, comme si elle décrivait cette partie de sa vie à ses enfants. J’ai également eu le souci d’adhérer à la réalité historique. Beaucoup des personnages principaux ont effectivement existé, même si l’intrigue est entièrement imaginée.

Marie Liehn

Si ce n'est pas lui, parlez-nous un peu de Massilia.

Thierry Bontoux

Massilia est mon troisième roman. Il fait suite au Complot de Marcus Antonius Primus et précède Les Funérailles inachevées, qui devrait sortir en mai de cette année.

J’ai une véritable passion pour la Rome antique. J’ai donc voulu en faire le centre d’une série que j’ai située au début du règne de Vespasien. La période me paraissait intéressante car, contrairement à beaucoup d’autres empereurs, Vespasien a jeté un voile obscur sur les intrigues et les complots qui l’ont très certainement entouré. Il est donc facile de coller à la réalité historique tout en imaginant des complots, qui auraient très bien pu exister, mais qu’aucun contemporain de l’Empereur n’a relatés.

Toutefois, si Vespasien n’est jamais très loin, la vie de court et la politique ne sont pas au cœur de mes récits. Je me concentre sur les gens et sur les mœurs de l’époque, en essayant de ne pas trop donner dans le cliché, mais plutôt de décrire la vie telle qu’elle devait être à l’époque.

Marie Liehn

Pourquoi l'avez-vous appelé Massilia ?

Thierry Bontoux

C’est une très bonne question dont la réponse ne sera malheureusement pas forcément à la hauteur des attentes. C’est purement pour des raisons marketing. Le choix d’un titre est de toutes les façons une décision commerciale. Il s’agit d’attirer l’attention du lecteur pour que celui-ci ou celle-ci ait envie de lire le livre.

J’ai donc choisi Massilia, d’abord parce que c’était en relation directe avec l’intrigue (la moitié du livre s’y passe), puis, parce qu’il y a un certain attrait dans le sud de la France pour l’histoire de cette région. En appelant mon livre Massilia, je me plaçais au premier plan pour intéresser ce public.

 Marie Liehn

Quel est votre dernier roman ?

Thierry Bontoux

Cela dépend de la langue. Je traduis en ce moment La dame d’Albi en anglais sous le titre The Onerous Bride (attention au faux ami) et je devrais publier en Avril Massilia, toujours en anglais, et sous le titre Unforgiven in Massilia.

Concernant les titres en français, je devrais sortir mon dernier roman (Les funérailles inachevées) en mai de cette année. Il s’agit de la suite de Massilia. Mais j’y reprends aussi l’intrigue du Complot de Marcus Antonius Primus, là où le livre s’était arrêté. Ces trois différents livres peuvent être lus indépendamment les uns des autres, mais l’ensemble forme un tout.

Après les funérailles inachevées, j’ai un autre projet. L’intrigue se situera toujours à l’époque romaine, mais à Fréjus en 90 ap. J. -C.

Marie Liehn

De quoi parle-t-il ?

Thierry Bontoux

De quoi parle-t-il ? Je présume que la question s’applique aux Funérailles inachevées. Il est difficile d’en parler sans dévoiler trop de l’intrigue du Complot de Marcus Antonius Primus. Il s’agit d’une vengeance qui tourne à la folie meurtrière. Le général Marcus Antonius Primus (MAP) a échappé à un attentat orchestré par l’Empereur suite à un complot manqué. Il revient à Rome, quand tous le croient mort, pour s’en prendre à ceux que les autres caractères principaux ont de plus cher.

Il s’agit donc d’abord d’une enquête, pour que les victimes comprennent ce qui leur arrive, puis d’une partie d’échec entre MAP et ceux dont il veut se venger. Il n’y a ni blanc, ni noir que cela soit dans le caractère des personnages, ou dans l’issue de l’intrigue. En cela, ce livre définit assez bien le style que j’aime donner à mes histoires.

Marie Liehn

Comment définissez-vous vos personnages principaux ?

Thierry Bontoux

J’aime surtout les nuances de gris. Mes personnages sont donc ainsi. Ils sont avant tout humain. Ils ont leurs faiblesses et leurs forces. Aucun n’est véritablement mauvais ou véritablement bons. Il y a du beau dans chacun d’eux et du laid qui ne demande qu’à surgir quand les conditions sont propices. Je ne cherche pas non plus à leur imposer une probité ou moralité moderne, alors que les normes étaient différentes. Par exemple, dans la Dame d’Albi, Beynac est l’ennemi du prince et pille et massacre les villages de la famille de Cazillac. Mais il n’est pas plus mauvais qu’Étienne de Beaurepaire, qui lui défend les intérêts du dauphin Louis, tout en se souciant très peu de ce qui peut arriver à ces mêmes Cazillac. Tous les deux ont la conscience tranquille, même s’il leur faut recourir à l’assassinat pour accomplir leur devoir.

Ensuite, je m’inspire des gens que j’ai côtoyés dans ma vie professionnelle pour construire mes personnages à la façon d’un lego en prenant, chez ceux que j’ai rencontrés, des attitudes qui les structurent.

Marie Liehn

Combien avez-vous publié de livres ?

Thierry Bontoux

Quatre en français :

La Dame d’Albi ;

Le Complot de Marcus Antonius Primus ;

Massilia ;

Le Gouffre du Diable ; et bientôt un cinquième : Les Funérailles inachevées.

Marie Liehn

Lisez-vous beaucoup ?  Quels genres de livres ?

Thierry Bontoux

Ça dépend. Je lisais beaucoup avant de me consacrer à l’écriture. Je travaille actuellement pratiquement dix heures par jour, afin de mettre tous mes livres d’équerre et de les publier en anglais. Cela me laisse peu de temps pour la lecture. J’avoue, qu’après une longue journée d’écriture, je préfère me planter devant Netflix pour me reposer le cerveau.

Autrement, j’aime lire en latin. J’ai commencé à apprendre cette langue il y a 15 ans et c’est avec plaisir qu’aujourd’hui je lis les classiques. Je les utilise énormément comme références dans mes livres. Je suis actuellement au milieu d’un conte fantastique d’Apuleius : Metamorphoses, dont, je dois l’avouer, je trouve la lecture difficile….

Concernant des auteurs plus récents, je lis essentiellement des romans historiques ; le dernier étant un livre de Lindsey Davids : The silver Pigs.

Thierry Bontoux

Merci beaucoup d'avoir répondu à mes questions.

Chers lecteurs, dîtes-moi ce que vous pensez de cette interview.

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Q
Echange instructif dont je remercie les acteurs qui ont bien voulu se donner la réplique !<br /> Je ne relèverai qu'une petite remarque de Thierry Bontoux dans laquelle je vois pointer une violence symbolique. Lorsqu'il dit ainsi que le choix d'un titre est de toutes les façons une décision commerciale. J'y vois une généralisation hâtive qui pourrait être aisément surmontée afin de ne pas nuire à la qualité intellectuelle de l'interview.<br />  <br />  
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